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Marie Rose Moro
marie rose Moro
Psychiatre, Professeur des Universités
Directrice de la maison des adolescents de Solenn, Hôpital Cochin
 

Parfois, après une consultation particulièrement difficile avec un homme ou une femme migrante qui vient consulter pour son adolescent ou son enfant et qui parle de son exil comme d’une errance, je pense aux mots du penseur arabe du Xème siècle, le grand al-Tawhîdî que m’a fait connaître un ami tunisien érudit et passionné des mots et de ces questions, Najib Djaziri. Voici les mots d’al-Tawhîdî : « Tu m’as demandé de te parler de l’étranger et de ses malheurs et de te décrire l’exil et ses merveilles. Ô toi ! L’étranger est celui qui a vu se coucher le soleil et sa beauté, qui a quitté les yeux de sa bien-aimée, qui est devenu étrange dans son dire et dans son faire, dans son vêtement et ses mouvements. Ô toi ! Celui que sa description évoque un malheur au-delà de tout malheur ; celui dont le nom suggère une discorde au-delà de toute discorde ; celui qui a du mal à cacher sa vérité ; celui qui est présent dans son absence et absent dans sa présence ; qui quand tu le vois, tu ne le reconnais pas et quand tu ne le vois pas, tu ne peux l’imaginer : c’est lui l’étranger ! (…) tu vois, cet étranger est vaincu par les jours, cerné par la tristesse de toutes parts, assailli par les idées noires, plongé dans les remords, errant à travers le temps et l’espace et dans l’ensemble condamné par les lois. » Ces mots du Xème siècle semblent bien actuels… 

Paris

Rédigé par Marie Rose Moro le Dimanche 12 Décembre 2010


Même si la situation est désespérante en France et je crois, en ce qui concerne les migrants, dans toute l’Europe, nous ne pouvons nous payer le luxe de renoncer. Certes, rien n’est acquis, les politiques, les politiques publiques qui sont si peu publiques justement et essentiellement comptables à court terme, peuvent vouloir remettre en question nos acquis en ce qui concerne les soins adaptés aux migrants, comme par exemple la nécessité absolue de la traduction, d’une traduction bienveillante qui est, la première étape de l’hospitalité et l’éthique même de notre travail. Même si aujourd’hui pour des raisons populistes, les gouvernements flattent les penchants xénophobes des groupes en situation de crise ou des sociétés qui se sentent menacés, ils savent que nous avons raison.

Rédigé par Marie Rose Moro le Dimanche 10 Octobre 2010


Je suis à New York depuis quelques jours, ville que j’aime beaucoup et depuis longtemps, pour sa diversité culturelle assumée, pour son mouvement, pour sa capacité à nous surprendre. J’entends ce qui se passe en France autour d’abord de la menace de la déchéance de nationalité pour les Français par naturalisation, créant ainsi une catégorie de Français distincts des autres. Puis dans une logique xénophobe que l’on ressort dés qu’il faut faire diversion, ce sont les Roms et des gens du voyage qui ont été désignés comme des boucs émissaires de l’insécurité. On les sait coutumiers de telles méthodes de diversion, mais je m’inquiète quand même. Mes amis américains aussi s’inquiètent.

Rédigé par Marie Rose Moro le Samedi 14 Août 2010


Certes, rien n’est acquis, les politiques, les politiques publiques qui sont si peu publiques justement et essentiellement comptables à court terme, peuvent vouloir remettre en question nos acquis en ce qui concerne les soins adaptés aux migrants, comme par exemple la nécessité absolue de la traduction, d’une traduction bienveillante qui est la première étape de l’hospitalité et l’éthique même de la rencontre. Même si aujourd’hui pour des raisons populistes, les responsables au pouvoir flattent les penchants xénophobes des groupes en situation de crise ou des personnes qui se sentent menacées, ils savent que nous avons raison.

Rédigé par Marie Rose Moro le Mercredi 14 Juillet 2010


Ici en Chine où je suis en voyage, j’ai d’abord été étonnée par la modernité et la nouveauté. Tout est neuf autour de moi dans cet hôtel où je viens d’arriver dans l’hypermoderne cité olympique. Chacun s’affaire en tous sens. Je retrouve aussi cette position que l’on trouve si peu chez nous, on s’accroupit dans la rue pour se reposer, pour travailler, pour parler tranquillement avec des amis, pour donner un biberon à un enfant… Tout proche de la terre, avec une agilité qui m’émerveille. Au Pakistan, où j’ai travaillé avec les réfugiés afghans, cette position était la même. La langue anglaise est très peur répandue et il faut s’habituer à ne pas comprendre et ne pas être comprise ; ceci rend modeste et vous oblige à développer une sensibilité à l’autre différente qui passe, moins par les mots, et plus par l’observation. Dans la ligne 5 du superbe et rutilant métro de Beijin, celle qui va de Tiantongyuan à Songiazhuang, j’ai rencontré un homme infirme accompagné d’une jeune femme aveugle qui tendaient la main pour mendier, personne ne leur donnait rien. Cinq heures plus tard, quand je suis rentrée par la même ligne de métro, j’ai vu ces deux personnes continuer à tenter d’inspirer pitié à une foule qui les ignorait.

Rédigé par Marie Rose Moro le Jeudi 3 Juin 2010


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