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Marie Rose Moro
marie rose Moro
Psychiatre, Professeur des Universités
Directrice de la maison des adolescents de Solenn, Hôpital Cochin
 

Les enfants et adolescents dits « mineurs isolés » seraient près de 900 en Seine Saint Denis, plus de 1600 à Paris et peut-être 500 à 600 dans le Nord Pas de Calais… Et ce ne sont là que les chiffres officiels des mineurs isolés pris ne charge par les services sociaux des départements (aide sociale à l’enfance, DASES à Paris…). Il est en effet difficile de les compter car nombre d’entre eux ne sont pas pris en charge et errent dans les grandes villes françaises et européennes. Les associations qui s’en occupent, contre vents et marées, comme France-Terre d’Asile qui est pionnière dans ce domaine confirment leur arrivée de plus en plus importante et leur état de santé somatique et psychique plus que précaire, venant de terres ingrates ou encore de contrées où sévissent des guerres plus ou moins bruyantes comme l’Afghanistan, les pays autour où se sont réfugiées les familles afghanes comme l’Iran mais aussi l’Afrique de l’Ouest en passant par le Maghreb, le Maghreb lui-même, la Chine... Et tant d’autres lieux qui ne laissent que peu d’espoir à leurs enfants. Les enfants décident de venir seuls, poussés par la nécessité ou le plus souvent les familles se cotisent, investissent toutes leurs économies et envoie ce qu’elles ont de plus cher à l’aventure en payant des passeurs qui les exploitent et parfois les abandonnent en chemin - ils devront alors repayer pour pouvoir passer un peu plus tard. Mais pourquoi les appeler mineurs isolés non accompagnés alors que tous simplement et avant tout, ce sont des enfants et des adolescents pris dans les soubresauts des chaos politiques et économiques, enfants et adolescents qui espèrent un avenir meilleur pour eux et leurs familles restées là-bas mais qui espèrent tant. Mais qui est censé les accueillir, les protéger, les soigner ?

Rédigé par Marie Rose Moro le Lundi 12 Septembre 2011


Ici en Espagne, le mouvement dit du 15 M, le mouvement des Indignados, né à la Puerta del Sol à Madrid, proteste contre la résignation politique, les inégalités, les violences et défend aussi, comme à Malaga il y a quelques jours, les plus faibles de la société, les migrants qui continuent d’arriver sur les côtes espagnoles. Ce mouvement, d’abord limité à la capitale, s’est développé dans de nombreuses grandes villes espagnoles comme Barcelone puis, des plus petites comme Granade ou Malaga. Il s’est ensuite étendu à d’autres pays, la France semble peu encline à laisser les Indignés prendre la Bastille ; ils ont, en effet, tenté pendant quelques jours de s’installer sur la place de la Bastille mais ils en ont été vite délogés et il semble que le mouvement se soit assoupi pour l’instant J’ai appris par la télévision espagnole que ce mouvement était en train de s’étendre aujourd’hui en Israël. Stéphane Hessel doit être fier du destin de ce mot qu’il a imposé avec force « Indignez-vous »;

Rédigé par Marie Rose Moro le Dimanche 21 Août 2011


Certaines émergences parfois nous sidèrent comme ce qui s’est passé hier 22 juillet 2011 en Norvège, pays pourtant si tempéré, où plus de 76 personnes sont mortes du fait d’une explosion et de tirs de feu intentionnels, du fait d’un tueur de masse. Parmi les choses qui étaient écrites par celui qui se dit l’auteur de ce massacre sur internet, on trouve sa « haine » du multiculturalisme et des Musulmans, une sorte de croisade anti Musulmans. Même si l’islamophobie est une figure actuelle de la haine, commode pour exprimer des frustrations, des douleurs, des questions, des agressivités ou des revendications très différentes, on peut quand même se demander pourquoi tant de haine ? Pourquoi tuer au nom de la religion, de l’idéologie, de l’autre que l’on considère comme radicalement autre et menaçant. Certes on peut dénoncer les idées véhiculées par les extrêmes droites et les populistes qui font semblant de croire que le  problème actuel de nos sociétés c’est l’immigration et qui font des Musulmans ou de tous ceux qui sont mis dans une position d’extériorité, le bouc émissaire de toutes les difficultés sociales. Mais au-delà, il nous faut penser un lien social qui valorise la singularité et la diversité et qui se fonde sur l’humain dans ses différentes expressions.   

Paris

Rédigé par Marie Rose Moro le Samedi 23 Juillet 2011


Tels sont les souhaits formulés par Hortense Archambault et Vincent Baudriller, Directeurs du 65ème Festival de théâtre d’Avignon dans le sud de la France. Et pour ma part, je trouve ces souhaits exaucés. J’y étais pour parler d’enfance à la demande du Théâtre des idées organisé par Le Monde et j’y ai aussi cherché la diversité culturelle, une de mes passions qui vient juste après les enfants et les adolescents. Les enfants et les ados d’abord présents sur scène et dans toutes leurs dimensions, pour une fois pas seulement sacralisés mais mis en scène aussi bien dans leurs sentiments amoureux (Sun de Cyril Teste), dans leur énergie que dans les sentiments ambivalents qu’ils inspirent (Enfants de Boris Charmatz). A bien y regarder, ce sont plutôt les enfants qui ont séduit les metteurs en scène, beaucoup moins les adolescents plus complexes pour les adultes et pourtant si créatifs. J’ai aussi trouvé des beaux spectacles venus d’ailleurs titiller nos imaginaires d’ici comme dans le « in » L’entêtement de l’argentin Rafael Spregelburd joué en français, castillan, valencien et même dans un langage inventé par le héros, le Katak pour réconcilier tous les êtres au-delà des frontières linguistiques. Et aussi le « off » Si Siang Ki ou l’histoire de la chambre de l’Ouest de Wang Che-Fou mis en scène par l’avignonais Gérard Gelas avec des acteurs de Shangaï…    

Avignon

Rédigé par Marie Rose Moro le Lundi 11 Juillet 2011


On a tardé à reconnaître les effets des traumas sur les bébés et les jeunes enfants. Sans doute, cela découle de multiples raisons qui se potentialisent. On pourrait énumérer quelques allégations en vrac véhiculées par le sens commun mais aussi la littérature scientifique : les jeunes enfants ne se rendent pas compte de ce qu’ils vivent, ils oublient facilement en grandissant, ils transforment tout en jeu… Et tant d’autres arguments qu’à certaines périodes les uns et les autres s’évertuent à démontrer : les jeunes enfants n’engrangent pas les traces mnésiques, ils oublient à mesure ou ils n’ont pas de métacognition suffisante ou encore, ils n’ont pas de représentation suffisante de la mort et donc ils n’ont pas peur de la mort. Ils penseraient la mort comme transitoire et donc ne feraient pas de lien entre l’événement violent et la mort réelle et brutale…

Rédigé par Marie Rose Moro le Mardi 28 Juin 2011


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