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Marie Rose Moro
marie rose Moro
Psychiatre, Professeur des Universités
Directrice de la maison des adolescents de Solenn, Hôpital Cochin
 

Résister c'est créer





Certes, rien n’est acquis, les politiques, les politiques publiques qui sont si peu publiques justement et essentiellement comptables à court terme, peuvent vouloir remettre en question nos acquis en ce qui concerne les soins adaptés aux migrants, comme par exemple la nécessité absolue de la traduction, d’une traduction bienveillante qui est la première étape de l’hospitalité et l’éthique même de la rencontre. Même si aujourd’hui pour des raisons populistes, les responsables au pouvoir flattent les penchants xénophobes des groupes en situation de crise ou des personnes qui se sentent menacées, ils savent que nous avons raison.

Ils savent que l’autre, l’exilé, le migrant, le voyageur, le métis et leurs enfants, les plus vulnérables de notre société sont aussi ceux qui la vivifient, qui la désirent au point de tout quitter pour faire vivre leurs enfants ici ; ils savent ou devraient savoir que tous ces nomades font partie de la modernité et constituent l’essence même de la société contemporaine. Ne pas assumer cette diversité à l’hôpital comme dans la société, c’est courir le risque du retour en arrière et de la violence en retour. En cette période de restriction à l’hôpital, restriction aveugle et souvent abrupte, il est clair que les migrants sont les premiers menacés comme tous ceux qui pour une raison ou une autre, gens du voyage, Roms… sont vulnérables. Pourquoi se former patiemment à la clinique transculturelle qui suppose que l’on apprenne la complexité de l’usage de plusieurs disciplines, comme par exemple la psychanalyse ou la psychiatrie d’une part et, l’anthropologie ou la linguistique d’autre part ? Pourquoi former des traducteurs ou des médiateurs à nous aider à passer d’une langue à l’autre, d’un monde culturel à l’autre ? Pourquoi apprendre aux professionnels à reconnaître leur réaction face à la différence culturelle pour vraiment rencontrer l’autre et, ni le rejeter dans des mouvements racistes ni, se laisser fasciner par sa différence dans une position exotisante qui balaie la subjectivité et la singularité de l’autre ? Parce que tout cela est nécessaire à une clinique humaine et humaniste, la clinique de la rencontre avec les migrants. Il va donc falloir reprendre notre bâton de pèlerin pour défendre cette clinique humaniste là, partout où elle est menacée.

Paris, le 14 juillet 2010

Marie Rose Moro




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