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Marie Rose Moro
marie rose Moro
Psychiatre, Professeur des Universités
Directrice de la maison des adolescents de Solenn, Hôpital Cochin
 

Il s’est poursuivi à Sao Paulo (Brésil), toujours des petits riens mais aussi des extrêmes





Après deux jours passés à Rio, je pars pour Sao Paulo que l’on me décrit comme plus européenne et plus austère. L’accueil y est toujours très chaleureux, attentionné et comme je suis venue déjà l’année dernière, j’y ai maintenant des amis que je retrouve avec beaucoup de plaisir Magdalena, Maria Cecilia que je connais depuis une dizaine d’années, Dédé, Bernardo, Héloïse, Tereza, Eliane et plein d’autres…  Je suis invitée ici par la Société Brésilienne de Psychanalyse de Sao Paulo, une grande société où je fais plusieurs conférences par jour, des supervisions, des cours et une conférence grand public ouverte à tous sur l’accueil des migrants. Au Brésil, ils ont accueilli ces derniers temps beaucoup de Haïtiens et depuis peu, beaucoup de Vénézuéliens qui fuient le contexte économique désastreux de leur pays. Je me promène dans le centre historique de Sao Paulo et je suis frappée par le nombre de personnes qui dorment dans la rue. Mes amis me disent que ce sont des gens très pauvres mais aussi des usagers de crack et pour certains d’entre eux, manifestement des malades mentaux non soignés. L’un d’entre eux psalmodie des versets de la Bible avec des écouteurs sur ses oreilles. Au pied des immeubles des grandes banques dans le cœur financier de Sao Paulo, c’est pareil, contrastant avec les grands immeubles financiers, on trouve des cartoneros, en général de très jeunes gens pauvres qui ramassent tous les papiers et cartons qui trainent dans la rue pour les revendre à ceux qui les recyclent. Devant un nouveau musée d’art moderne ouvert dans une tour réhabilitée par la Mairie, de très jeunes sans chaussures, va nus pieds d’aujourd’hui, fouillent dans les poubelles pour trouver des restes qui vont leur permettre de survivre.  Et pas loin de là, d’immenses maisons et des résidences au luxe éclatant se protègent de ceux qui pourraient les menacer. Pourquoi de tels extrêmes qui génèrent de la violence ? Tous mes amis brésiliens le dénoncent mais cela se poursuit, inexorablement. Le séjour se termine par un colloque sur l’adoption auquel je participe et pour lequel je fais la conférence de clôture sur l’adoption, situation anthropologique et transculturelle. J’entends au cours de ce colloque, un écrivain Julian qui a écrit un livre sur son frère  adopté avec l’idée que ce récit le sortira de son enfermement psychotique. Les parents de Julian ont adopté cet enfant en Argentine juste avant de fuir la dictature pour se réfugier au Brésil. Après cet exil, ils ont eu Julian, un enfant naturel. Julian a écrit merveilleusement bien sur « la fraternité en adoption » et il pose des questions bien dérangeantes sur d’où vient cet enfant adopté en Argentine dans un contexte trouble où des enfants ont été retirés à leurs parents par la dictature. Il voudrait aider son frère à se raconter une histoire qui l’aide à vivre, son histoire et comme nous disons en clinique, lui permettre une filiation narrative (Golse B, Moro MR. Le concept de filiation narrative. Un quatrième axe de la filiation. La Psychiatrie de l’enfant, 2017, 60 (1) : 3-23).

Marie Rose Moro




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