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Marie Rose Moro
marie rose Moro
Psychiatre, Professeur des Universités
Directrice de la maison des adolescents de Solenn, Hôpital Cochin
 

Une équipe de recherches transculturelles a été mise en place dans l’Unité INSERM 1178 à la Maison des adolescents de Cochin en collaboration avec Paris Descartes et Paris 13.


Les axes de recherches
Nos premières recherches à Avicenne ont porté sur la vulnérabilité des enfants de migrants entre zéro et trois ans, au début des grands apprentissages (6-8ans), lecture et écriture en français, et à l’adolescence. Nous avons aussi mené un programme d’évaluation de la vulnérabilité maternelle des femmes migrantes autour de la naissance et évaluer au long cours les thérapies transculturelles parents migrants-bébés. Nous avons créé et évaluer des dispositifs de prise en charge transculturelle des enfants de migrants et de leurs parents (dispositif transculturel d’Avicenne). Enfin nous avons travaillé sur les représentations de certaines maladies somatiques chez les migrants et leurs enfants et mis au point des outils d’explicitations de ces manières de penser la maladie et la guérison (lupus, addictions, drépanocytose…). 
 
 
Plusieurs programmes de recherches sont en cours. Un des plus importants concerne les parcours langagiers des enfants de migrants et vise à montrer les effets bénéfiques du bilinguisme précoce des enfants de migrants.   

 

Rédigé par Marie Rose Moro le Samedi 5 Juillet 2008


Textes de recherche

La virginité, un alibi post-colonial ? 

La nouvelle d’une annulation de mariage en raison de la non-virginité de l’épouse par le tribunal de Lille, a suscité une véritable polémique ces dernières semaines en France. Nous ne nous intéresserons pas ici à la légitimité juridique d’un verdict motivé par le mensonge plutôt que par  la virginité car il a été dit tant de choses sur ce sujet qu’il ne nous parait pas utile d’en rajouter. En revanche, nous souhaitons nous arrêter sur les implications de la tempête médiatique qui a suivi afin de tenter de sortir d’un système binaire réducteur

Rédigé par Marie Rose Moro le Samedi 5 Juillet 2008


Extrait de "La virginité, un alibi post-colonial ?" L'autre, Cliniques, Cultures et Sociétés 2008 ; 9(3) : 325-332.


La nouvelle d’une annulation de mariage en raison de la non-virginité de l’épouse par le tribunal de Lille, a suscité une véritable polémique ces dernières semaines en France. Nous ne nous intéresserons pas ici à la légitimité juridique d’un verdict motivé par le mensonge plutôt que par  la virginité car il a été dit tant de choses sur ce sujet qu’il ne nous parait pas utile d’en rajouter. En revanche, nous souhaitons nous arrêter sur les implications de la tempête médiatique qui a suivi afin de tenter de sortir d’un système binaire réducteur (annulation/virginité) qui ne rend pas compte de la complexité d’une problématique liant l’intime au collectif. La simplification des débats et la déformation de la compréhension qui en résulte nous semble propre à alimenter tous les fantasmes concernant l’Islam et les musulmans par une racialisation du sexisme. C’est pourquoi, il nous paraît important de faire entendre une autre position, qui tienne compte des voix des jeunes femmes musulmanes concernées.
 

Rédigé par Sara Skandrani, Malika Mansouri, Marie Rose Moro le Samedi 5 Juillet 2008


« En arabe, « bonheur » se dit « sa’âda », qui signifie aussi dans sa forme verbale « aider », « assister ». Parce que le bonheur n’est pas une expérience individuelle »
Meddeb (2009)


Pour adapter nos stratégies de prévention et de soins, nous sommes contraints de penser la triade bébé-mère-père, triade ouverte sur la famille et sur le monde, pour que, loin d'être un obstacle à la rencontre, elle devienne une chance de nouvelle rencontre avec ces femmes, ces hommes et leurs bébés. Il n’y a là des savoirs à réhabiliter, des rencontres à construire. D'où l'importance du travail pluridisciplinaire tel qu'il est fait en psychiatrie de liaison où les interactions somatiques, psychiques et culturelles sont prises en compte au lit de la patiente et de son bébé et en présence de la famille et de tous ceux qui constituent une ressource pour la mère ou le bébé. Mieux comprendre pour mieux accueillir et mieux soigner le bébé et permettre à ses parents d'être parents, tout simplement.

Un premier enjeu ces vingt dernières années a été d’apprendre à regarder les bébés et être capables de reconnaître leurs compétences, à réhabiliter le savoir des parents et à les inclure dans les dispositifs de prévention et de soins. Il n’en reste pas moins que cette tâche est d’autant plus ardue que certains bébés et certains parents appartiennent à des univers qui ne nous sont pas familiers socialement ou culturellement et qu’il importe de passer maintenant à une perspective parents-bébés qui inclut tous les bébés d’où qu’ils viennent et les bras qui les portent, et les êtres qui les ont conçus et pensés même si la notion de désir d’enfants est en elle-même comme le dirait Glissant, hétéroclite (2009). Passer d’une vérité sublimée qui se veut universelle et donc occidentale à une sémiologie plurifocale des bébés et de leurs parents, tel est un des enjeux de la prévention et des soins dans les années qui viennent dans notre champ et au-delà dans notre société.  Et même si ce n’est encore qu’un doute ou un tremblement selon les mots aimés de Glissant, c’est une véritable révolution sémiologique qui s’annonce et on le pressent, poétique autant que politique et clinique.  

Rédigé par Marie Rose Moro le Samedi 5 Juillet 2008


L’enfant naît avec un berceau psychique et culturel, il engage alors des interactions comportementales, affectives et fantasmatiques avec sa mère, avec son père, avec ses frères et sœurs et progressivement avec le monde. Grandir est un mouvement complexe qui présuppose que se fasse simultanément l’inscription dans sa propre filiation et dans ses affiliations ici, plurielles et métissées. C’est ce processus qui est complexifié en situation migratoire et dont on va suivre le destin à travers le corps des enfants et l’expression de leur souffrance soit sous forme d’inhibition ou d’hyperactivité. Partons pour cela, de l’importance de notre manière de penser les enfants et de la pluralité de ces pensées.


Comment se fabrique un enfant  

La manière dont on pense la nature de l'enfant, ses besoins, ses attentes, ses maladies, les modalités d’éducation et de soins, est largement déterminée par la société à laquelle on appartient. Devereux (1968) a largement contribué à établir ce fait. Son travail se nourrit des travaux d'anthropologues et de cliniciens ayant travaillé dans les sociétés dites “ traditionnelles ” et qui sont aujourd’hui dans une situation de changement accéléré. De plus, Devereux a longtemps été influencé par le culturalisme américain dont Mead (1930) est une des représentantes. Il est le premier à avoir proposé une formali¬sation argumentée pour articuler de manière claire et précise, d'une part, les représentations de la nature de l'enfant et, d'autre part, leur manière de grandir, d’être éduqués et d’être enseignés, d'être malades et d'être soignés… Et ce, que la maladie soit somatique ou psychique car, dans les sociétés traditionnelles, le corps et la psyché sont intimement liés de même que l'individu est intimement lié à son groupe d'appartenance. 

Rédigé par Marie Rose Moro le Samedi 5 Juillet 2008


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