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Protéger les bébés, les enfants et les adolescents… ensemble



Regardez. Ô combien charmante, cette chose que nous allons faire… ensemble.
Toni Morrison (1)




Parmi les bonnes résolutions de la nouvelle année et de la nouvelle décennie, je voudrais mettre en tout premier celle de bien protéger les bébés, les enfants et les adolescents et cela, quelles que soient leurs couleurs, leurs lieux de vie, leurs histoires… Dans cette période de développement, où l’on entrevoit le devenir mais pas encore tous les possibles, où se forge aussi la confiance dans le monde et dans la vie, il importe que les parents, les professionnels et la société entière se fixent comme premier objectif politique et collectif, celui de protéger ses enfants. Par ailleurs, comme le dit l’anthropologue Cristina Figueiredo(2) et comme le montre toute l’anthropologie de l’enfance aujourd’hui « Comme ils [les enfants] ne sont pas de simples répétiteurs sociaux, ni des sortes de poupées de cire uniquement façonnées par le savoir d’autrui, quelque chose de ce savoir est incorporé au point d’appartenir à la personne elle-même ». Les bébés deviennent donc enfants puis adolescents en même temps qu’ils deviennent des êtres de cultures, des êtres sociaux, des êtres inscrits dans un monde, dans des mondes, devrions nous dire, tant la fluidité des appartenances et des expériences de vie est grande aujourd’hui. Cette idée de la protection des petits reste une idée révolutionnaire que nous proposons comme un objectif individuel (chacun de nous, autour de nous) et collectif (dans nos engagements sociaux, politiques et transculturels). Et il nous faut insister sur le fait que les adolescents ne sont pas des adultes si sur le plan psychique, ni sur le plan sexuel et, même s’ils paraissent grands, informés et débrouillards. Comment bien protéger nos bébés, nos enfants, nos adolescents, faire en sorte qu’ils se sentent suffisamment forts pour être heureux, en bonne santé et qu’ils grandissent le plus sereinement possible ? On dit aimer nos enfants, pourtant partout on les maltraite, on les expose à des dangers et des négligences, on ne les soigne pas toujours avec bienveillance, on ne reconnaît pas leur douleur ou leur dépression sous prétexte qu’ils sont petits et on oublie bien vite qu’ils sont des êtres qui ont besoin de souci, d’amour et de soins. Ces questions sont universelles et les anthropologues ont même un mot pour dire cette préoccupation et les actes qui s’y rattachent avant même la procréation, la callipédie ou l’art d’avoir de beaux enfants (et donc des enfants en bonne santé). Le travail transculturel nous permet de faire varier les lieux et les théories pour mieux comprendre cette nécessité universelle de trouver la bonne manière d’accueillir, d’observer et de prendre de soins des enfants et des adolescents et par ricochet cela nécessite aussi de ne pas oublier les femmes, les mères, leurs parents et les professionnels qui portent ces petits, qui tentent de les consoler, les rassurer, les soigner et il en va de même pour les enfants et les adolescents, à l’école, dans la vie et dans la société. Protéger les enfants et les adolescents est un ensemble de pensées, de théories, de rêves, d’actes, de mots, de manières de faire, de rituels… qui permettent de donner une forme à cette sollicitude, à ce care, comme disent les Anglo-saxons, absolument nécessaire pour bien soigner nos enfants. Cette préoccupation qui prend différentes formes culturelles mais qui est universelle, nous invite à construire une véritable éthique de l’accueil et du soin des bébés, des enfants, des adolescents et de tous ceux qui les portent. Et il importe de ne pas laisser tous seuls les parents dans cette fonction de protection car elle est aussi collective, d’où l’importance de la Loi et des représentations collectives de la société. D’où la nécessité de nous engager pour cela, chacun à notre place.    
 

Et ce n’est pas un petit sujet ! C’est sans doute une des préoccupations essentielles du troisième millénaire et de la décennie qui commence. Une éthique de l’attention pour tous, c’est ce que je nous souhaite de construire cette année, partout où nous sommes et… ensemble.
 
Ces combats que nous mènerons ensemble à l’AIEP nécessitent que nous soyons nombreux à les défendre et je vous invite à nous rejoindre à l’AIEP, en devenant membre (www.clinique-transculturelle.org), en participant aux séminaires, en nous envoyant des textes pour Métisse ou pour la revue L’autre, en participant à l’Assemblée générale de l’AIEP qui cette année aura lieu le samedi 27 juin 2020 à 12h à Paris (Cochin)… et qui réunira plusieurs sections européennes de l’AIEP et la section tunisienne.  
 
Enfin, nous vous attendons à Nancy(3) pour le 22ème colloque de la Revue L’autre qui a pour titre « Ouvrir sa porte à l’autre venu d’ailleurs : migrations, exils, replis, accès aux soins… » et qui aura lieu le 8 et 9 octobre 2020. Envoyer vos contributions pour des interventions ou des posters dès maintenant. Nous vous espérons(4) dans cette belle ville et sur sa place pour des échanges, des débats, des conférences, des interviews... Plein d’invités à rencontrer comme l’écrivain Philippe Claudel, le sociologue Smaïn Laacher, l’anthropologue Michel Agier, des cliniciens et plein d’autres acteurs ou curieux du champ transculturel… 
 
Ensemble, plus accueillants, plus créatifs et plus forts. Ensemble à l’AIEP.
 
 
Marie Rose Moro
Présidente de l’AIEP
Et toute l’équipe de rédaction de la revue Métisse et le CA de l’AIEP
www.clinique-transculturelle.org
www.Transculturel.eu

Paris, le 2 janvier 2020
 
 

Notes

(1) La source de l’amour-propre. C Bourgeois Ed, 2019 (traduction française), p.144.
(2) L’autre, 2019, vol 20, n°1, La crise d’adolescence est-elle universelle ? Retour sur une réflexion de Françoise Héritier, p.31.
(3) https://revuelautre.com/blog/octobre-2020-le-22e-colloque-de-la-revue/
(4) Des tarifs préférentiels sont prévus pour les abonnés de la revue L’autre et pour les membres de l’AIEP, inscrivez-vous dès maintenant.

Rédigé le Vendredi 10 Janvier 2020 à 10:59 | Lu 54 fois




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