Métisse 2019



Consoler les enfants et les autres défis de notre action

Dans chaque soignant, chaque médecin, chaque personne qui s’occupe des enfants se trouvent des rêves et des chagrins d’enfance mais aussi ce besoin de consoler l’enfant qu’il fût et plus généralement, l’enfance. Certes se soucier des enfants, leur permettre un certain confort même dans la souffrance, leur éviter des violences qui trop souvent les touchent, même si on dit qu’ils sont  précieux. Mais derrière ces actes qui sont le quotidien de tous ceux qui s’occupent des enfants ou qui organisent le soin et l’accueil des enfants, il y a ce besoin de consoler les enfants qui souffrent, ceux qui pleurent, ceux qui ont peur, ceux qui ont un destin tragique. Ce besoin de consoler les enfants était pour le philosophe Marcel Conche, un signe, d’humanité, un signe de progrès de toute société, le seul qui existe vraiment et qui signe notre humanité toujours recherchée, toujours à recréer. Un impératif éthique. Dans ce numéro, nous chercherons comment consoler aussi bien dans la pratique quotidienne, dans la prévention, dans les guerres ou dans les situations où les parents et les enfants d’autres cultures nous font vivre des choses que nous ne comprenons pas. Consoler pour bientraiter, consoler pour s’opposer à la violence fondamentale faite aux enfants, consoler les enfants qui portent les traumas de leurs parents… Consoler leurs parents aussi qui les attendent ou les cherchent et qui parfois ont peur eux aussi, aussi bien pour eux que pour leurs enfants. Nous examinerons ce besoin de consolation tant symbolique que réel, tant individuel que collectif. Nous l’analyserons enfin tel qu’il s’exprime dans le récit, dans les dessins et dans toutes les productions que les enfants nous donnent à voir. Ce savoir appartient aux professionnels, aux parents, aux familles mais aussi à la société toute entière. Ce savoir appartient à la psychothérapie qu’elle soit savante ou profane. Or comme le disait le génial pédiatre et pédopsychiatre anglais, Donald Winnicott, la psychothérapie des enfants doit revenir à tous les professionnels qui s’occupent des enfants, aux parents mais aussi à la société toute entière. En aucun cas, elle doit rester confinée aux thérapeutes. Ce besoin de consolation est universel car il s’applique à tous les âges, bébés, enfants, adolescents mais, il doit s’appliquer aussi sous toutes les latitudes et dans toutes les cultures. Consoler les enfants est affaire de tous, de tous lieux et de tous temps !

Un de nos défis mais l’AIEP en a beaucoup d’autres dans toutes ces actions avec les enfants de migrants et leurs parents, avec les enfants migrants, avec tous les réfugiés et tous ceux qui traversent des langues et des mondes. Rejoignez-nous dans nos séminaires, nos actions, nos témoignages, nous
avons besoin de vous.

Marie Rose Moro
Présidente de l’AIEP
www.clinique-transculturelle.org

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Métisse 2019
Rédigé le Lundi 11 Juin 2018




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