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Métisse 2016



Plus de fraternité et d’idéaux partagés
Lettres noires : des ténèbres à la lumière
Hommage à Colette Chiland

 

Plus de fraternité et d’idéaux partagés

Que vous souhaitez, vous qui venez nous visiter sur le site de l’AIEP ou qui lisez notre lettre Métisse, que nous souhaiter, nous qui partageons des idéaux communs : une éthique de la fragilité, ne laisser personne en dehors du lien aux autres même les plus fragiles, en particulier les enfants et les adolescents, une éthique transculturelle, ne laisser personne en dehors du lien social, quelle que soit sa culture, son histoire, individuelle et collective, une éthique de la résistance, ne pas accepter qu’on divise la communauté française ou même européenne…
donc je nous souhaite plus de fraternité et plus d’idéaux partagés… 
Rejoignez-nous pour que nous soyons plus forts, ensemble.

1er janvier 2016, Paris,
Marie Rose Moro, Présidente de l’AIEP

Ce numéro regroupe quelques-uns des travaux réalisés lors du Diplôme Universitaire de psychiatrie transculturelle par des étudiants de la promotion Sangha (année 2014-2015). Ces travaux ont été sélectionnés par Silvina Testa et Jeanne-Flore Rouchon.
« Sangha. C'est le nom que porte notre promotion. Un nom qui évoque l'ailleurs. Un mot qui désigne la communauté spirituelle bouddhiste. Un terme qui rassemble ceux qui partagent une recherche spirituelle. Il y a bien d'autres mots qui rassemblent. Nous les avons entendus et prononcés
alors que nous étions secoués par les événements. Nous nous sommes réunis sous leurs étendards pour échanger à leur propos. Une communauté d'esprit qui s'écoute. 

Pourtant le communautarisme fait peur. Au-delà d'un repli sur l'entre soi, n'est ce pourtant pas le partage d'idées autour de valeurs communes qui prime? Partager un repas ou des idées, une culture ou des diversités, un moment ou l'éternité. Chacun puise dans la communauté pour apprendre le vivre ensemble. Nous avons ainsi appris à trouver les mots au-delà de nos propres frontières et nous voudrions les partager avec vous ». Texte écrit par Maïté ILIEFF, interne en psychiatrie, auteur dans ce numéro.
 
 

Lettres noires : des ténèbres à la lumière

J’ai écouté mille et une fois la leçon inaugurale d’Alain Mabanckou qui porte ce titre et qu’il a donné au Collège de France. On peut aussi la lire puisqu’elle est sorti il y a peu chez Fayard.
Un régal ! Lumineuse et subtile. En proposant à cet écrivain brillant d’occuper la Chaire de la création artistique cette année, le  Collège a voulu donner aux Etudes africaines « la place qu’elles méritent » comme l’a dit Antoine Compagnon dans sa présentation du thème et de l’auteur. Et il était temps, tant on tarde à convoquer, selon la belle expression de Mabanckou, « la diversité de la connaissance » et à « combattre l’obscurantisme ». Ces Lettres noires nous invitent, avec élégance, à « Penser et écrire l’Afrique Noire » et sa participation à la littérature, à la littérature universelle, celle qui appartient à tous et pas seulement une littérature exotique que serait la littérature dite « africaine ». Ces nous invitent à lutter contre la « départementalisation de l’imaginaire ». A écouter ou à lire d’urgence, c’est selon nos envies mais amis de l’AIEP, je vous y invite chaleureusement, elles contiennent nos valeurs et nos désirs transculturels sublimés par la beauté du style et de l’inspiration de Mabanckou….

Merci en lettres noires et dans toutes les couleurs de l’humanité !
http://www.college-de-france.fr/site/alain-mabanckou/Le-17-mars-2016-Lecon-inauguraled-Alain-Mabanckou-.htm

Marie Rose Moro
Paris, le 31 mai 2016

Hommage à Colette Chiland

Colette Chiland grande dame de la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, nous a quitté en septembre dernier à l’âge de 88 ans. Elle a eu un parcours de clinicienne singulier. Elle a d’abord étudié la philosophie (1), à qui elle doit sa grande rigueur conceptuelle et le fait d’accorder une grande importance à l’histoire des idées. Aussi, pour elle, il était évident qu’une question clinique n’a de sens que
replacée dans son contexte historique et culturel.
Puis, ressentant le besoin d’être en prise directe avec une activité concrète, elle devint psychologue, psychanalyste (2) puis médecin psychiatre. Elle forma un trio tout à fait stimulant avec René Diatkine et Serge Lebovici, contribuant à l’essor du Centre Alfred Binet (3) où elle dirigea, par la suite, une équipe de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. Elle a également enseigné la psychologie clinique
à l’Université René Descartes, en y occupant des fonctions importantes (4).
Sa thèse de doctorat (5) est pionnière sur la question de la vulnérabilité de l’enfant au moment des grands apprentissages. En suivant une importante cohorte d’enfant de 6 à 13 ans, elle a montré qu’en population générale le principal facteur de difficulté était le facteur socio-culturel de la famille. Elle a montré comment à l’entrée en CP les chances peuvent s’avérer inégalement réparties et l’échec
scolaire peut être déjà prévisible, l’école ne pouvant qu’accentuer ces inégalités de chance. L’échec scolaire a ensuite commencé à être envisagé différemment.
La prévention dont l’objectif principal est de préserver l’égalité de chance des enfants quelque soit leurs conditions de vie fut donc un de ses chevaux de bataille. Le fait qu’elle enseignait encore à l’âge de 86 ans (6) auprès de professionnels de la petite enfance est d’ailleurs tout à fait éloquent !
Si son étude princeps montra que l’échec scolaire est en partie prévisible, il était pour elle très clair que l’évolution de la personnalité de l’enfant a une grande part d’imprévisibilité (7). Sa pensée était résolument psychodynamique même si elle a toujours été ouverte aux autres courants (8).
Enfin, son travail auprès d’enfants et d’adultes souffrant de troubles de l’identité de genre a permis une meilleure compréhension des aspects psychodynamiques de la construction psychique de l’identité sexuée. A ce sujet, les positions qu’elle défend ne sont certes pas consensuelles mais ont indéniablement le mérite de mettre en garde contre le déni de la différence biologique des sexes.

Jeanne-Flore ROUCHON

1. Dont elle fut agrégée en 1955
2. Membre de la Société Psychanalytique de Paris
3. de l’Association de Santé Mentale du XIIIème arrondissement de Paris – ASM 13
4. Dont directrice de l’UER Paris Descartes
5. « L’enfant de 6 ans et son avenir », doctorat en lettres et sciences humaines, parue aux PUF en 1971
6. Et notamment au DU Bébé de l’UFR SMBH Université Paris 13
7. Interview de Colette Chiland par Alain Braconnier dans Carnets psy n°97, 2005(2)



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