Menu



Suivez-nous


Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Métisse 2013



La langue maternelle, étonnant vecteur !
Discriminez, discriminez, il en restera toujours quelque chose
Mandela, un homme, un mythe 

La langue maternelle, étonnant vecteur !

« Ce qui conduit à considérer les diverses cultures du point de vue, non plus ce qui serait leur identité propre, toujours plus ou moins fictive, mais de ce que j’appellerai leur fécondité : ces diverses cultures sont comme autant de ressources déployant des possibles aventureux et que toute intelligence humaine, dès lors qu’elle s’attache à leur cohérence, avec patience, peut comprendre et exploiter », Jullien F. Le Pont des singes. De la diversité à venir. Fécondité culturelle face à l’identité nationale. Paris : Galilée ; 2010, p. 12. 

La psychothérapie quelle qu’elle soit, ici psychanalytique, est inscrite dans un contexte qui l’informe et la rend légitime. Ainsi, si elle se contente de répéter ce qui existait à la génération antérieure, elle risque non seulement de s’assécher et de perdre sa créativité et son inventivité mais plus encore de devenir désuète et caduque tant du point de vue épistémologique (les autres disciplines continuent à se transformer) que du point de vue technique (les patients se tournent vers d’autres manières de penser et de faire, plus en adéquation avec leurs besoins du moment et leurs manières de les exprimer et de les vivre). Dans une société multiculturelle comme l’est notre société européenne, la question de la diversité culturelle interroge la psychothérapie et cela depuis plus d’une trentaine d’années en Europe mais aussi au Canada ou aux États-Unis. Aussi, la question de la langue maternelle des patients et de son impact sur nos dispositifs quand cette langue maternelle n’est pas celle du thérapeute est fondamentale. Mais, au-delà de la langue, se pose la question de l’impact des représentations culturelles sur la théorie et la pratique d’autant que nous vivons dans un monde qui ne peut décemment se contenter d’être ethnocentré mais qui se doit de penser la pluralité des langues, des représentations et aussi celles des métissages. Le métissage qu’il soit des êtres ou des théories n’est pas « ou ou » mais « et et » selon les mots de Laplantine et invite à la complexité et à la transformation. La psychanalyse a plutôt bien pris ce tournant avec l’invention de l’ethnopsychanalyse dans un cadre transculturel tel que nous le développons à l’AIEP. Reste à continuer à penser les implications de cette diversité moderne sur nos cadres psychothérapiques ici et ailleurs.
Pour finir, je vous invite à venir nombreux débattre à la prochaine Assemblée Générale qui aura lieu à Avicenne le samedi 22 juin à partir de 19h dans le service de psychopathologie de l’hôpital Avicenne. à Bobigny.

Marie Rose Moro, Présidente de L’AIEP Paris, le 22 mars 2013 
 

Discriminez, discriminez, il en restera toujours quelque chose

L'été fût chaud ! Un tour de vis sécuritaire a jeté dans les rues des étrangers chassés de leurs hôtels et de leurs squats. Les médias en ont assez peu parlé, hormis l'occupation de locaux par des familles étrangères, qui manifestèrent avec succès à Clermont-Fd pour ce traitement honteux . Plus retentissants furent les propos de Manuel Valls selon lesquels certaines familles Roms ne pourraient s'intégrer et auraient vocation à repartir chez eux en Roumanie et en Bulgarie.

Extrait de l'Editorial de Claire Mestre
 

Mandela, un homme, un mythe

Tandis que des milliers de gens rendent un ultime hommage à Nelson Mandela en se pressant autour de son tombeau à Qunu, sa première et sa dernière demeure, le monde entier revisite la vie et les combats de cet illustre et fervent défenseur des droits et des libertés individuelles. Un grand homme vient de disparaitre, l’une des figures les plus marquantes du XXème siècle vient de tirer sa révérence. Et quel homme ! Parmi les plus adulés de leur vivant. Même les plus jeunes d’entre nous connaissent au moins un fragment de son histoire, un slogan, une bataille. Un homme devenu un mythe, un mythe que chacun s’approprie quelque soit sa lutte, quelque soit sa souffrance. On se retrouve alors, ces jours-ci, submergés par un nombre incalculable d’informations, tant de récits sur l’homme, sa famille, son parcours, ses idées mais aussi ses erreurs. Et soudain, la réalité prend place : on se rend compte de l’actualité affligeante de ce contre quoi Madiba a passé tant d’années à s’insurger, ce qui lui a valu l’enfermement, ce qui l’a poussé à prendre les armes à l’encontre de ses idéaux pacifistes, et ce qu’il a essayé de combattre une vie durant pour faire de l’Afrique du Sud un pays libre, démocratique, un pays « non racial ». D’abord on ne peut s’empêcher de faire le calcul : il fut libéré il y a un peu plus de 20 ans. Si peu de temps ! Pour dire à quel point cette histoire est celle de notre présent. Une histoire de maintenant. Puis à y regarder de plus près, les batailles qu’il a menées, pour lesquelles il a passé 27 ans en prison, ces batailles ont encore tout leur sens aujourd’hui ; transposées dans n’importe lequel des pays de ce monde, elles gardent encore toute leur acuité. Une histoire d’ici. Certes ce n’est pas seulement les luttes qu’il a menées contre l’exclusion, le racisme, l’injustice, que nous gardons en tête, c’est également la philosophie du pardon et du vivre ensemble qu’il n’a cessé de nous inculquer ; mais nous ne pouvons rester insensibles devant ce fait, bien réel, que la discrimination, le dénigrement et le rejet de l’autre, noir, blanc, métisse, étranger, ou tout juste différent, sont tout aussi persistants que l’est son image dans nos esprits. J’étais toute jeune lorsqu’à l’école nous avons fêté la fin de l’apartheid, en 1994. J’étais à mille lieux, à ce moment là, de me rendre compte à quel point c’était loin d’être fini. Seulement maintenant le « racisme » prend d’autres costumes, d’autres déguisements. Alors si nous pouvons lui rendre cet ultime hommage, il est de notre devoir de lui promettre de continuer sa lutte, de ne pas laisser ses idées s’éteindre, de porter sa voix et ses espoirs au delà des frontières de sa terre et de son temps. Nous tous en avons encore fort besoin.

Myriam Largueche 
 



AIEP








Liens partenaires




- Tous droits réservés © AIEP 2016