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La narrativité du génogramme transculturel



Qu’est-ce que le génogramme transculturel ? Aspects théoriques


Le génogramme transculturel (Rizzi 2011) est une variation du génogramme systémique. Il se réfère à la méthode complémentariste de George Devereux préconisant l’utilisation d’un double discours obligatoire mais non simultané : psychologique et anthropologique (Devereux, 1985).
Cet outil s’inscrit dans le cadre théorisé par Marie Rose Moro (1998). Sa construction permet de désigner les trois niveaux fondamentaux pour entrer dans une relation clinique transculturelle : les dimensions des matrices ontologiques, des théories étiologiques et des logiques du faire (Moro 1998).
Le génogramme transculturel (Rizzi 2011) complexifie les symboles graphiques conventionnels pour représenter graphiquement par exemple les thèmes de la migration, du voyage, les systèmes de mariage, de parentés et de soins traditionnels.
Il s’agit d’un niveau culturel et anthropologique qui appartient aux savoirs et aux pratiques familiales. Un niveau d’enquête aussi complexe tient compte de phénomènes culturellement importants dans les systèmes familiaux, dont nous retrouvons un sous-système de singularités et de spécificités propres qui se transmet d’une génération à l’autre. A ce niveau d’exploration, nous observons les mouvements des sous-systèmes, qui peuvent être par exemple les déplacements, les voyages, les migrations. Les migrations représentent des ruptures qui introduisent une série de discontinuité entre les modèles du comportement appris et l’environnement dans lequel les personnes vivent (Moro, De La Noe, Mouchenik, Baubet 2004). Le voyage migratoire agit au niveau collectif, mais au niveau culturel, il amène avec soi des éléments plus intimes, qui sont plus complexes à raconter, d’où la possibilité d’un clivage culturel.
Le génogramme transculturel permet de faire émerger une possible narrativité autour des éléments propres au système culturel d’origine, de réouvrir la mémoire familiale et de se projeter dans la construction d’un métissage possible pour le nouveau système familial (Moro 2007, Rizzi 2014). Ces ruptures pourraient être mises en mouvement préparatoire avec une construction, qui peut passer, par exemple, par la reconstruction du voyage migratoire. L’objectif est de recréer une continuité après une interruption migratoire, impactant le sens, les pratiques traditionnelles, comme il est indiqué par les trois axes : relationnel, culturel et transgénérationnel.

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La narrativité du génogramme transculturel
Rédigé le Vendredi 13 Décembre 2019




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