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Être indigène, âgée et malade du cancer du col de l’utérus : l’expérience de la maladie chez une femme maya yucatèque



Contexte et aspects méthodologiques

L’état du Yucatán à une population de 1.955.577 personnes, dont 45,9 % est pauvre et 10,7% est dans une pauvreté extrême (CONEVAL, 2014). Alors que la population maya se trouve dans tout l'État, les municipalités les plus pauvres sont celles dont la population maya est majoritaire. Presque toute cette population parle leur langue, le maya yucatèque ainsi que l’espagnol. Dans les communautés les plus pauvres, les gens sont principalement engagés dans l'agriculture. Les hommes et les femmes ont de très faibles niveaux de scolarisation, en particulier les femmes. Les femmes âgées, en plus d'être analphabètes, parlent souvent moins l’espagnol et exclusivement le maya. Il n'y a pas de système de sécurité sociale au niveau national pour protéger la population. Cependant, l'accès aux services de santé est gratuit pour le traitement du CaCu (considéré comme un problème de santé prioritaire).
La pauvreté expose la population rurale maya yucatèque a une grande vulnérabilité au plan sanitaire, les femmes étant les plus touchées (Bracamonte y Sosa, 2007). Et parmi les femmes, celles qui sont les plus âgées le sont d’autant plus. Le «racisme structurel» (Krotz, 2008), en vigueur dans la société du Yucatan depuis la colonisation espagnole et ce jusqu’à aujourd’hui, contribue également à cette situation de violence structurelle, qui favorise le développement des facteurs de risque de développer CaCu (1).
Le nombre de décès des femmes par CaCu dans le Yucatán se situe en sixième place au niveau national des décès considérés comme «évitables». Il s’agit de décès qui, en tenant compte de la technologie médicale existante, ne devraient pas se produire, ou pourraient être empêchés.
Pour ce travail, les communautés ont été choisies du fait de leur grande vulnérabilité sociale et du fait de la forte prévalence du CaCu. Cinq femmes mayas, âgées de 19  à 65 ans, ainsi que leurs familles, ont participé à la recherche. J’ai mené des entretiens avec ces femmes au sein de centres de soins, où j’ai également effectué de l’observation participante. J’ai aussi effectué des entretiens avec elles et avec leurs familles dans leurs communautés où j´ai mené un travail ethnographique. J'ai également interviewé le personnel biomédical aux centres de soins. Tout au long de la recherche, j’ai suivi le processus de soins de ces femmes depuis le diagnostic et, dans trois cas, jusqu’au leur décès.
Dans le cas que l’on présente, les entretiens avec la participante ont été faits avec l’aide d’un interprète.
Malgré les efforts gouvernementaux pour le développement de programmes de prévention et de détection précoce du CaCu,  cette population continue à tomber malade et à mourir. Connaitre les vécus de ses femmes et de leurs familles concernant la maladie, les traitements, et leurs souffrances, peut être un outil pour développer des stratégies plus efficaces face au CaCu.
 
[[i]]url:#_ednref1 Valenti, G. (2010) “El cáncer cervicouterino en el municipio de Tekax: la enfermedad como corporalización de la pobreza y de la desigualdad de género”. En proceso de publicación.

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Être indigène, âgée et malade du cancer du col de l’utérus : l’expérience de la maladie chez une femme maya yucatèque
Rédigé le Lundi 29 Janvier 2018




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