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Marie Rose Moro
marie rose Moro
Psychiatre, Professeur des Universités
Directrice de la maison des adolescents de Solenn, Hôpital Cochin
 

Regardez vos patients, c’est le monde ! Nous dit en substance Daniel Derivois, un collègue très sensible à la clinique de la mondialité. Je me mets alors à penser à mes patients de ces derniers mois, ceux dont le reflet est resté à l’intérieur de moi et je me dis, qu’effectivement il a raison, la clinique n’a plus de frontières et qu’il est temps de prendre cela en compte, sérieusement avec des concepts adaptés à l’ampleur du monde. Je me souviens alors de Sana, une jeune fille vivant à Mantes La Jolie, élève brillante en terminale scientifique qui, depuis quelques mois,  a des nausées par intermittence et maigrit de manière si importante et rapide qu’elle doit être hospitalisée avec des risques vitaux. Les pédiatres désemparés ne trouvent aucune cause organique à ses symptômes. Rien ne peut plus rentrer dans sa bouche. Elle est née en France de parents maliens, musulmans, peu pratiquants et depuis que ces étranges nausées l’assaillent, elle a décidé de se voiler. Progressivement, on ne voit plus aucune partie de sa peau, juste quelques centimètres de visage. Moins elle mange, plus elle se voile. Elle prie cinq fois par jour et n’a guère de temps pour aller à l’école. Son père est fier de sa conversion même s’il se demande pourquoi elle en fait tant ? Sa mère ne comprend pas pourquoi elle ne profite pas de son adolescence en France pour avoir des amis et s’initier à la séduction. Au-delà des différents regards posés sur elle, elle tente de se cacher dans une éblouissante clarté. Sana aurait pu être dans la salle d’attente mondialisée de Daniel Derivois et dialoguer avec lui.
 

Rédigé par Marie Rose Moro le Mardi 14 Mars 2017


Le petit déjeuner sur la terrasse de la maison à Fez est un grand moment de plaisir. On nous présente des mets d’une grande subtilité, un jus d’orange frais, du thé à la menthe avec de la menthe fraîche et odorante, des crêpes feuilletées salées avec du miel de thym et du fromage frais de vache et des œufs frits avec de la viande de bœuf confite qu’on appelle ici El khalia’. On savoure cela dans une douceur printanière avec une lumière qui illumine les corps et les âmes. Tout cela, dans cette Medina magique a un goût de gloria comme on dit en espagnol ; c’est si bon, c’est si beau, qu’on a l’impression d’un moment de gloire !

Fez, Maroc

Rédigé par Marie Rose Moro le Lundi 20 Février 2017


La Medina de Fez reste un lieu magique avec ses artisans qui travaillent sans relâche avec des techniques centenaires. Ils cousent et brodent à la main, tissent, colorent les tissus ou travaillent le cuir, le cuivre ou l’étain. Les acheteurs souvent des femmes, regardent et comparent, soupèsent, discutent, élèvent la voix ou rient aux éclats. Il y a aussi ânes qui transportent des charges souvent très lourdes et qui sont les plus adaptés, encore aujourd’hui, pour arpenter les ruelles étroites et en pente de ce dédale. Des jeunes hommes ou parfois des grands enfants tirent des carosas, sorte de carrioles, qui elles aussi emmènent d’un endroit à l’autre les précieux butins. Il y a aussi le quartier des orfèvres, celui des lampes ou encore le quartier où l’on vend des fruits secs ou des produits de beauté. Un quartier est constitué par un four à pain collectif, une madrasa et une mosquée me dit-on. La vie s’organise à partir de ces points cardinaux.   

Fez, Maroc

Rédigé par Marie Rose Moro le Dimanche 19 Février 2017


Je pars à Fès au Maroc et me voilà une fois de plus dans un aéroport. J’attends, j’observe, je rêve. Et les belles paroles de la chanson de Léo Ferré « Le sud » me reviennent en mémoire tant les signes du sud s’invitent dans cet aéroport qui regarde dans cette direction. On entend parler les langues du sud de la Méditerranée. Autour de moi les voyageurs se préparent à voler pour Essaouira, Oujda, Marrakech, Alger, Sétif, Djerba et plein d’autres villes du pourtour méditerranéen. Les dames sont habillées de manières très variées et souvent très colorées ; certaines de la génération de ma mère portent des habits traditionnels et des foulards bariolés. Les accents et les langues aussi se mettent au sud. Une dame élégante, apprêtée comme une Madame Pompidou comme on dit dans ma famille pour désigner les femmes du pays qui cherchent à s’habiller comme les femmes parisiennes, arbore un superbe manteau à fourrure bleu pétrole et cherche une âme charitable, son portable à la main, pour lui prêter son téléphone. Elle n’a plus d’unité dans son téléphone recouvert d’une coque qui brille de tous ses feux et aimerait dire au revoir à sa copine ! Un monsieur bien plus âgé qu’elle sourit en regardant la scène mais lui prête nonchalamment le sien. Une autre dame discute avec son mari, elle ne veut pas manger les chips qu’il a achetées, elle préfère garder le paquet pour la famille à Sétif ! Une autre encore s’adresse à moi en arabe pour me demander de l’aider à fermer sa valise, tellement pleine qu’elle ne peut le faire seule. Elle se couche sur la valise et m’invite fermement à la fermer dans un mélange mi français mi arabe. « Tu comprends « chouilla » » dit-elle sans me laisser répondre. Je me sens utile et incluse dans le mouvement du monde qui passe, on le sait, par le sud. Une autre enfin m’offre une datte emmenée pour son voyage, elle rentre à Djerba où, dit-elle les dattes sont plus sucrées et plus douces. Le temps suspend son vol dans ce petit bout du sud entre Paris et Fès. 

Aéroport d’Orly sud, Paris

Rédigé par Marie Rose Moro le Samedi 18 Février 2017


A ecouter : http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/france-info-junior/franceinfo-junior-pourquoi-l-amour-existe-t-il_2054625.html
  Dans de nombreux pays, le 14 février, jour de la Saint-Valentin, est considéré comme la fête des amoureux. Certains y voient l'occasion de faire preuve de leur amour quand d'autres n'y décèlent qu'une fête commerciale. Mais que signifie l'amour pour des élèves de CM2 ? "Du bonheur", répondent en coeur des élèves de CM2 au micro de franceinfo junior. "C'est comme s'il y avait des étoiles autour de ton couple", complète l'une d'elles, "On est plus heureux à deux que tout seul." À l'occasion de cette journée des amoureux, ces trois journalistes en herbe prennent le micro de franceinfo junior pour poser leurs questions sur le sentiment amoureux. Dans leur tête, de nombreuses questions se bousculent sur l'amour, le coup de foudre mais aussi la jalousie, les ruptures...
Au micro de franceinfo junior, Marie-Rose Moro, pédopsychiatre, répond aux questions de nos jeunes journalistes.

Emission de Julien Moch et Estelle Faure

Rédigé par Marie Rose Moro le Mercredi 15 Février 2017


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