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Marie Rose Moro
marie rose Moro
Psychiatre, Professeur des Universités
Directrice de la maison des adolescents de Solenn, Hôpital Cochin
 

Selon un récent rapport de l’OCDE (mars 2006) les enfants de migrants accuseraient un retard scolaire moyen supérieur à deux ans par rapport à leurs pairs autochtones. Il y a là un défi à relever qui commence dés la maternelle car le rapport au savoir et aux acquisitions commence là. Une entrée en maternelle qui doit se faire pour les enfants de migrants comme pour les autres à 3 ans et pas avant. Souvent on a tendance à vouloir mettre ces enfants plus précocement que les autres à l’école alors qu’ils ont besoin de cet attachement aux parents fort pour pouvoir se séparer d’eux dans de bonnes conditions et investir le monde de l’école sans appréhension trop grande. Avant 3 ans, la plupart des enfants ne sont pas prêts à la séparation d’avec leur parents et le monde familial ce qui compromet leur capacité à prendre du plaisir dans le monde de l’école, étape indispensable à tout apprentissage.


L’école est structurée par un certain rapport au savoir, qui appartient au monde occidental et qui détermine les méthodes pédagogiques, les relations avec les élèves, celles avec les parents… Ce rapport au savoir, il est, comme toute représentation culturelle, implicite et évident — chacun dans un groupe culturel et social donné le partage. Ce rapport au savoir est lié à la représentation de l’enfant, de sa nature, de ses besoins, de ses compétences. Que doit apprendre un enfant et comment peut il le faire ? Les parents nomades, souvent très respectueux du savoir et de la science française transmis par l’école le plus souvent ne connaissent pas et parfois ne partagent pas ce rapport au savoir. Souvent, ils font l’hypothèse qu’ici à l’école, on fait autrement, et présupposent que c’est bien ainsi et, se tiennent à une distance respectueuse de l’école. D’où d’ailleurs ce sentiment de démission ou de non investissement perçu par l’école alors, qu’en réalité, il s’agit de bienveillance passive : cet espace ne m’appartient pas mais je considère qu’il est bon pour mon enfant. Ici encore, le rapport au savoir que l’enfant doit habiter pour pouvoir apprendre est celui de l’école française. Mais, ceci n’est possible de manière harmonieuse et sans effort surhumain pour l’enfant que s’il est guidé dans cette logique qu’il ne peut anticiper et si ce rapport au savoir n’invalide pas, ne disqualifie pas celui des parents, si non, le prix à payer est trop grand. Certains enfants ne pourront pas le faire.
 

Rédigé par marie rose Moro le Samedi 5 Juillet 2008


Etre deux c’est pour moi la seule unité concevable
Romain Gary


J’aime l’Italie, la belle et baroque Italie. J’aime aussi les rencontres que j’y fais, les idées que j’y puise et le plaisir partagé d’échanger. J’aime aussi voir comment l’Italie est en train de se transformer d’un pays qui « fabriquait » des migrants pour le monde entier, combien de Little Italy sont nées ici et là, à un pays qui les accueille. Certes, il y a des heurts et malheurs mais il y a aussi de belles expériences, de belles personnes, de belles initiatives. Celles de Claudia Bruni à Milan sont de celles-là et c’est pourquoi, je suis très honorée d’écrire ces quelques mots de préface pour ce beau livre. Un livre pionnier pour l’Italie mais pas seulement, un livre que je voudrais voir fleurir dans d’autres langues tant la question des adolescents et de leurs parents migrants est importante, pour mieux les comprendre, les aider à trouver une juste place à l’école, mieux les soigner quand c’est nécessaire mais aussi pour construire un lien social métissé à l’image de leur altérité, seul garant d’une société juste et solidaire. Pour tout cela, je suis fière de vous présenter cet excellent travail écrit avec finesse et beaucoup de justesse mais pour une autre raison encore : l’écriture de ce travail s’est appuyée sur le Diplôme Universitaire de psychiatrie transculturelle de Bobigny [2]. Que ce lieu de formation et de recherche soit une pépinière européenne pour toutes ces pépites d’or, toutes ces idées au service des enfants et ici des adolescents, enfants de migrants, me ravie et me touche. Nous n’aurions espéré meilleure reconnaissance de notre clinique engagée dans le monde. Aller les rencontrer à l’école, un beau défi.
 

Rédigé par Marie Rose Moro le Samedi 5 Juillet 2008


“Eu penso que o Homem não tem necessidade de ser salvo de si-mesmo; é suficiente deixá-lo ser ele mesmo. O mundo tem necessidade de homens, mais que de “humanistas””
Devereux (1981, p.20)


Deixar a sua casa, a sua família, ao seus amigos, a sua língua, os seus odores, os seus sabores, as sua cores para ir para um outro mundo geralmente sós ou quase, é uma experiência por um lado banal, tão velha como o mundo e portanto sempre comum. Ela não é apenas da ordem da grande viagem racional ou imperiosa, como a viagem de Ulisses, mil e uma vez repetida. Ela é de uma outra ordem sem nenhuma dúvida, basta ver esses homens e essas mulheres bravios que chegam ás portas da Europa vindos da África ocidental, por exemplo, repelidos nos aeroportos que tentam a sua sorte atravessando o deserto malien, argelino, marroquino para darem à costa nas costas espanhola magoados explorados ás vezes sem vida. A necessidade é exterior, é também interior. Decididamente o viajante moderno que chega á Europa bem temperada lembra mais o valente Dom Quixote que se bate contra os Moinhos de Vento e a adversidade que um Ulisses mesmo inspirado. E viagem continua aqui, em França, em Portugal, em Espanha ou algures…
 

Rédigé par Marie Rose Moro le Dimanche 17 Février 2008


Partout, on dit aimer les enfants. Pourtant, on les aime bien différemment si on en juge par les mille et une manières de les élever, de les éduquer, de les protéger ou de leur apprendre l'usage du monde. 

En multipliant les points de vue, en croisant les regards, qu'apprend-on sur le métier de parent, la façon de le concevoir, la manière de l'exercer ? Qu'est-ce qui change d'un pays à l'autre ? Qu'est-ce qui ne varie pas d'une culture à l'autre ? Et cet amour dont on se targue partout suffit-il ?

Bref, de quoi les enfants, tous les enfants, ont-ils vraiment besoin pour bien grandir ?

Rédigé par Marie Rose Moro le Jeudi 8 Février 2007


Coffret DVD autour de l'ethnopsychanalyse.
​Dans sa consultation d'ethnopsychanalyse à l'hôpital Avicenne de Bobigny, Marie Rose Moro reçoit des familles migrantes venues d'Afrique, d'Asie, du Moyen-Orient et d'ailleurs. Là, les patients peuvent exprimer ce quils vivent sans se couper de leurs croyances, de leurs coutumes, ni de leur histoire


J'ai rêvé d'une grande étendue d'eau
Dans sa consultation d'ethnopsychanalyse à l'hôpital Avicenne de Bobigny, Marie Rose Moro reçoit des familles migrantes venues d'Afrique, d'Asie, du Moyen-Orient et d'ailleurs. Là, les patients peuvent exprimer ce quils vivent sans se couper de leurs croyances, de leurs coutumes, ni de leur histoire

Dans la presse :

Rédigé par Marie Rose Moro le Jeudi 14 Février 2002


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