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Marie Rose Moro
marie rose Moro
Psychiatre, Professeur des Universités
Directrice de la maison des adolescents de Solenn, Hôpital Cochin
 

Relisant ces derniers jours un livre d’Amin Maalouf sorti déjà il y a quelque temps(1), je pris soudain conscience d’une de ses idées fortes, le temps des idéologies (selon ses termes) et même peut être des utopies (selon les miens) est bien terminé et, on est rentré dans un autre temps peut être encore plus difficile à décrypter, celui des identités qu’elles soient meurtries, meurtrières, blessées ou tout simplement tatillonnes. Avec peut être un malentendu philosophique de fond, les identités ne sont jamais de fait, figées, fixées mais en constants remaniements, conflits et même redéfinitions. Ce ne sont pas des bijoux précieux de famille qu’il faut défendre coute que coute ! Ce sont des corps volatiles et éphémères, de vrais mirages en fait.  C’est pourquoi dans mes vœux de cette année, je « prescrirais » volontiers à notre monde (si c’était seulement possible, on peut rêver !) un peu moins d’identités car elles sont trop objets de méprise et, un peu plus d’utopies et de rêves… Le sel de nos vies.
 
(1) Le dérèglement du monde, Grasset, 2009 dans la suite de  Les identités meurtrières, essai publié chez Grasset en 1998. 
 
Lanzarote, Canaries

Rédigé par Marie Rose Moro le Samedi 24 Décembre 2016


Quand ma mère veut faire plaisir à quelqu’un, elle lui parle du passé et lui raconte des épisodes nouveaux de sa vie d’enfant, de sa vie en Espagne, de son voyage migratoire ou des premiers temps en France. Elle aime aussi raconter des événements survenus pendant l’enfance de celui avec qui elle parle. Ma mère fait, ce que l’on nommerait en Espagne, une tertulia, sorte de conversation précieuse et animée. L’autre jour, elle m’a raconté que bébé, vers trois quatre mois, dit-elle, je pleurais parfois le soir au moment du diner de mes parents. Elle en a déduit que je pleurais car j’avais faim et qu’elle n’avait pas assez de lait. Elle me donnait le sein exclusivement depuis ma naissance. Elle a alors décidé de me donner un peu de caldo, une soupe claire avec quelques légumes et un morceau de viande pour donner du goût. Et à partir de là, j’ai été le bébé le plus heureux du monde ! Je lui demande alors : « Et pourquoi ne pas me donner le biberon ? ». La réponse était évidente pour elle, elle m’a beaucoup surprise : « A cette époque, je ne connaissais pas le biberon, personne ne l’utilisait autour de moi… J’ai utilisé le biberon pour la première fois en France pour ton frère, né ici. C’est ma voisine française qui m’a initiée au biberon ! ». Quel ne fut pas mon étonnement !   

Lanzarote, Canaries

Rédigé par marie rose Moro le Vendredi 23 Décembre 2016


Les Canaries sont un lieu intéressant pour souhaiter, à chacun de vous qui me fait l’honneur de lire de temps en temps ou très régulièrement ce blog, de belles fêtes de fin d’année selon les habitudes de chacun, familiales, sociales, culturelles ou religieuses. Ici les Canariens se disent mondialisés depuis longtemps, depuis la conquête espagnole. Lieux de passage entre l’Europe et les Amériques, lieux d’irruptions volcaniques qui ont obligés les habitants de Lanzarote par exemple à tous quitter l’île lors de l’immense éruption volcanique de 1730.  Certains y sont revenus et ont décidé de cultiver la terre même volcanique  et aride et par exemple, ils ont réussi à acclimater la vigne à un terroir essentiellement constitué de laves et de cailloux volcaniques. Ils ont mis les plants de vigne à même le sol, les ont entourés de murets de pierre en cercle ou en carré pour les protéger du vent en particulier et voilà que cela a poussé même dans une ile sans eau douce où on ne pouvait arroser la vigne !

Lanzarote, Canaries

Rédigé par Marie Rose Moro le Jeudi 22 Décembre 2016


Littéralement  cela signifie des « pommes de terres ridées ». C’est un des plats les plus typiques des Canaries, de petites pommes de terre entières cuites avec leur peau dans de l’eau salée et passées au four, quelques minutes à la fin de la cuisson. On les laisse reposer sous un linge pour que le sel cristallise sous la peau et, c’est pour cela qu’elles sont si ridées ! On les sert avec deux sauces, des mojos, un rouge (à base de piments séchés doux ou piquants) un autre vert (à base de coriandre). On trempe ces pommes de terre dans la sauce et on mange un mets simple et délicieux que l’on trouve sur toutes les cartes des restaurants mais aussi dans les menus quotidiens à la maison. Ces pommes de terre ridées accompagnent tous les plats de poisson ou de viande et on les sert en début de repas pour faire patienter les gourmets affamés. Ces sauces aux goûts en fait très différents en fonction des recettes, de l’huile, du vinaigre, des condiments utilisés, des habitudes et des recettes sont aussi dégustées sur du pain en début de repas. 

Lanzarote, Canaries

Rédigé par Marie Rose Moro le Mercredi 21 Décembre 2016


En butinant sur France Culture, j’entends un documentaire de Jacques Munier « Tintin et le sémioticien » dans l’excellente émission  « Tire ta langue » sur le langage des célèbres personnages d’Hergé. Les Dupondt ont un langage des plus châtiés et sont maitres de la rhétorique en particulier en matière de tautologie qu’elle soit corrective (« Je dirais même plus… ») ou elliptique (avec des points de suspension et donc sous entendue). Leur langage est un festival de figures de style comme le chiasme qui renverse les expressions ou plus jouissifs encore les kakemphaton qui signifient « mal dit » en grec et qui peuvent porter sur des mots ou des éléments de syntaxe : intrasecte  au lieu de intrinsèque, sur des conjugaisons en particulier sur le passé simple ou même, sur des citations en faisant référence à Christophe Colomb alors qu’il s’agit de Jules César… Il y a aussi des écholalies, des calambours, des personnifications : « Ils n’ont pas pu arrêter le voleur, seulement sa redingote… » Comme le dit Albert Algoud dans ce documentaire, les Dupondt sont de fins rhétoriciens ingénieux, « créatures de la syntaxe », une syntaxe « alambiquée et codée pour déjouer l’ennemi ». Et il en est de même pour le langage fleuri du capitaine Haddock « Enlever moi l’oncle d’un doute » et ses incroyables jurons bachi-bouzouk, ectoplasme à roulettes, mille milliards de mille sabords… Bel arsenal rhétorique… Le capitaine Haddock et les Dupondt, chaque personnage a son langage dans l’œuvre d’Hergé, aussi bien graphique que littéraire.  Merci à Albert Algoud et à Jacques Munier pour ces belles variations sur la langue française et sa rhétorique dans l’œuvre d’Hergé. 

Paris

Rédigé par Marie Rose Moro le Samedi 3 Décembre 2016


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