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Marie Rose Moro
marie rose Moro
Psychiatre, Professeur des Universités
Directrice de la maison des adolescents de Solenn, Hôpital Cochin
 

Simone Veil, on vous aime, comme l’a dit élégamment Jean d’Ormesson lors de votre entrée à l’Académie française. La revue L'autre (www.revuelautre.com) comme toute la France et bien au-delà aimait Simone Veil. Je l’ai croisé à plusieurs reprises et j’ai toujours été frappée par sa détermination, sa force transgressive qui contrastait avec son allure de femme « bourgeoise », sa beauté et sa grande gentillesse. Elle a répondu méthodiquement à toutes les demandes que je lui ai faites pour notre revue sauf une, elle n’a pas accepté d’être interviewée car déjà trop fatiguée par la maladie au moment où je lui ai proposé.
 
On aime toutes les facettes de cette femme, l’adolescente déportée d’Auschwitz-Birkenau qui a réussi à se battre pour sa mère, sa sœur, sa famille, les siens et tous ceux qui ont été déportés. Et lorsqu’on a connu l’horreur des camps de si près, se battre ensuite pour des valeurs positives, des valeurs de progrès, des valeurs de liberté, des valeurs de paix et de construction européenne par exemple, c’est la preuve d’une force singulière, exceptionnelle, d’une lucidité et d’une bienveillance qui redonne foi en la vie. Simone Veil incarne comme le dit le romancier Marc Dugain, des valeurs de la contre-culture née dans les années soixante, elle n’incarne pas seulement la valeur de la survie mais selon sa belle expression, celles de la « vie plus juste ».  
 
On aime bien sur la féministe qui a  été détestée pour les mêmes raisons que Simone de Beauvoir dira Elisabeth Roudinesco. Les deux Simone se sont battus pour que les femmes disposent de leurs corps, qu’elles ne meurent pas par ce qu’elles assument de vouloir ou pas un enfant, qu’elles choisissent le moment de la filiation et qu’elles exercent leur liberté. Les femmes ont un corps, une liberté, elles choisissent de faire des enfants ou pas et elles ne peuvent revenir en arrière. Elle avait un grand sens de l’histoire et considérait que le droit à l’avortement qu’elle avait défendu en 1974 n‘était pas une victoire mais un progrès. Et je suis prête à penser qu’elle pensait cela de toutes les avancées du féminisme. Ce n’était pas un féminisme de combat contre les hommes mais un féminisme de progrès pour toute l’humanité, hommes et femmes compris.
 
On aime aussi pêle-mêle son rapport à la laïcité, à la liberté, à la politique, à l’Europe, à la fraternité, à la parentalité…  
 
Nous sommes toutes des petites sœurs de Simone Veil.
 

Rédigé par Marie Rose Moro le Samedi 15 Juillet 2017


Combien de demandes ont été faites à ce mur et à ce qu’il représente ? Combien de vœux entendus et peut-être exaucés ? Combien de peines confiées et de déceptions ? Du côté des femmes, Il y a ce jour une multitude de visiteuses différentes, des femmes pieuses qui sans doute vivent ici, elles lisent leurs prières et se balancent régulièrement ; des femmes de passage qui viennent au mur pour ce qu’il représente dans la tradition juive et d’autres, qui manifestement viennent ici pour demander quelque chose à Dieu dans une approche animiste, toucher le mur, l’embrasser, le caresser et lui demander de rendre la vie plus clémente. Ce jour-là, une dame qui aurait pu être tamoule ou indienne, pleurait à fendre le cœur, une autre, sans doute africaine, avec un beau boubou vert fluorescent, gémissait en parlant au mur. Une dame pieuse juive approche sa chaise en plastique blanc du mur, pousse les autres pour bien s’installer au lieu exact qu’elle a choisi et se met à réciter une prière. Son téléphone portable sonne, elle le cherche dans son sac en plastique où se mêlent pèle-mêle de la nourriture, des foulards, des couverts en plastique, d’autres sacs… Elle regarde qui l’appelle et remet le téléphone dans son étui en crochet, puis dans le sac, sans répondre mais en laissant le téléphone sonner à tue-tête. La sonnerie saugrenue dans ce lieu saint s’arrête et, quelques secondes plus tard, la même sonnerie retentit. Cette fois, elle répond et commence un dialogue que je ne comprends pas, en hébreu, conversation qui me paraît tout à fait surréaliste dans ce lieu. Ce mélange de sacré et de profane, de religieux et de quotidien m’émeut et m’amuse. Un animisme du quotidien…        

Rédigé par Marie Rose Moro le Jeudi 25 Mai 2017


Enfin, le nouveau site de la revue transculturelle L’autre est lancé, retrouvez tous les articles, les dossiers, les interviews, la partie magazine de la revue, les débats et tous les numéros de la revue L’autre depuis sa création, soit 52 numéros sur www.revuelautre.com. Ce fond transculturel est exceptionnel et inépuisable. Tous les auteurs qui ont un regard bienveillant et qui renouvellent les liens entre clinique et société y sont. Abonnez-vous à la version papier ou web à des tarifs préférentiels de lancement ! Nous avons besoin de votre soutien, de votre regard et votre participation. Nous avons aimé le faire, vous allez adorer le lire et le regarder avec toujours les illustrations magnifiques de la revue L’autre par les sœurs Balbusso.
 

flyer_site_revue_l__autre.pdf Flyer site revue L'autre.pdf  (331.53 Ko)


Rédigé par Marie Rose Moro le Vendredi 21 Avril 2017


J’ai été invitée à un colloque à Grenade par la Sepypna, la société espagnole de psychiatrie et de psychothérapie de l’enfant et de l’adolescent, société très chaleureuse, qui elle aussi m’accueille avec beaucoup de bienveillance.  Leur 29ème congrès était consacré à la santé mentale et aux crises sociales, thème important, insuffisamment traité dans nos lieux de réflexion qu’ils soient nationaux ou internationaux. En introduction, les poètes ont été convoqués : un poète actuel Montero qui se plait à dire qu’écrire c’est prendre soin des mots ou le grand Lorca qui a écrit à plusieurs reprises que Grenade, par son histoire et sa géographie, était la ville des persécutés, des exclus, aussi bien ceux qu’on appelle ici Los Gitanos (les Gitans), que les Juifs, les Maures ou tous ceux qui sont en minorités ou exclus. Les intervenants venus de toute l’Espagne ont rappelé qu’en Espagne aujourd’hui, 1 enfant sur 3 ou 4 en fonction des critères est en dessous du seuil de pauvreté, ce qui est un recul important pour se pays qui s’était développé à marche forcée et qui a connu ces dernières années une régression en particulier pour les enfants et les adolescents. Et ils ont montré que la pauvreté des enfants les privent de sources de bonheur, de félicité, de légèreté, d’insouciance… autant d’ingrédients nécessaires à leur développement. Comme il y a des carences affectives, il y a des carences de sources de bonheur pour les enfants ce qui les transforment bien malgré eux, en population à risque. Cette sous stimulation et ces paradoxes inhérents aux contextes où sévissent la précarité et la pauvreté qui entrainent chez les enfants un sentiment inévitable d’incapacité et de nullité chez les enfants. D’où la nécessaire désactivation de ce sentiment de nullité comme préalable à tout travail de nature psychothérapique.    

Rédigé par Marie Rose Moro le Vendredi 31 Mars 2017


A Sao Paulo, j’ai été si bien accueillie par le groupe de l’IPA (association internationale de psychanalyse) (0-3 ans) qui s’occupe des bébés et de leurs parents. Merci ! Ils font un travail formidable au service des bébés mais en plus, ils sont pragmatiques, chaleureux, soucieux d’échanges et d’équité. Par ailleurs, ils cherchent à s’inscrire dans les mouvements de la société brésilienne telle qu’elle va avec ses métissages, ses modifications des structures familiales et ses injustices sociales. Un vrai plaisir d’avoir travaillé avec eux. Par ailleurs le Brésil accueille de plus en plus de migrants et se pose de vraies questions transculturelles tant sur son passé, sa constitution même que sur son présent et futur. 
 

Rédigé par Marie Rose Moro le Dimanche 19 Mars 2017


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