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Marie Rose Moro
marie rose Moro
Psychiatre, Professeur des Universités
Directrice de la maison des adolescents de Solenn, Hôpital Cochin
 

Le petit fils de Juan est né au Portugal. Il y a grandi jusqu’à l’âge du service militaire. Juan était espagnol et au moment de la guerre civile, il a combattu avec les Républicains. Son frère a été enrôlé par les Franquistes, nul ne sait pourquoi. Pour sauver sa peau, Juan a du fuir sa région d’origine, les montagne aragonaises et se réfugier de l’autre côté de la frontière. Depuis cet événement, les deux parties de la famille ne se parlent plus. Juan s’est installé au Portugal, sans papiers, c’était d’ailleurs comme cela qu’on l’appelait « Juan, el sin papeles », le sans papiers. Son petit fils le dit en espagnol. Juan s’est marié avec une femme portugaise en soudoyant le maire, car il n’avait toujours pas de papiers au moment de son mariage. Mais dit le narrateur, à cette période, c’était possible au Portugal. A la maison, tout le monde parlait le portugais mais quand Juan était seul avec son petits fils, celui qui deviendra chauffeur de taxi à Montréal, il lui parlait en espagnol. A savoir pourquoi, c’était lui qui était désigné pour garder un petit fragment de son Espagne natale, celle d’avant la guerre, celle d‘avant le service militaire. C’est bien utile dit le fringant chauffeur de taxi, aujourd’hui, je peux vous parler en espagnol !

Rédigé par Marie Rose Moro le Jeudi 10 Novembre 2016


J’ai beaucoup voyagé ce mois de novembre, trois voyages transatlantiques d’abord à New York, puis à Montréal et enfin à Buenos Aires… et plein de rencontres. J’ai beaucoup pris le taxi dans ces différents pays. Deux d’entre eux sont restés dans ma mémoire de manière très précise. Je vais raconter deux fragments de ces moments étonnants entre deux conférences. Le premier c’est le petits fils de Juan que j’ai rencontré à Montréal. Je devais me rendre dans un hôpital au Nord de la ville. J’hèle un taxi dans la rue. Dés ses premières paroles, je perçois son accent portugais. Il me salue très chaleureusement et très vite, il me demande d’où je viens ? De Paris lui dis-je mais je suis née en Espagne, tout près du Portugal, à Salamanque. Il connaît, il s’anime et commence à me raconter l’histoire de sa famille. Par moments, il ralentit pour avoir le temps de tout me raconter. Régulièrement, il se retourne vers moi pour vérifier que j’écoute vraiment. Au moment où j’arrive à destination, la personne qui m’attend ouvre la porte. Le petit fils de Juan n’a pas fini de me raconter l’histoire extraordinaire de sa famille et il me donne sa carte, pour que je le rappelle. Et dit-il viendra me chercher n’importe où, il apprécie mon goût pour les histoires…   

Montréal, Québec

Rédigé par Marie Rose Moro le Jeudi 10 Novembre 2016


Je quitte avec tristesse mes amis new yorkais, comme à chaque fois. J’ai la chance de venir régulièrement dans cette ville cosmopolite que j’aime et d’y avoir maintenant des amis très différents les uns des autres et appartenant à des mondes qui se rencontrent peu mais, qui ont en commun une convivialité, une gentillesse, une amabilité qui a sans doute quelque chose de new yorkais. J’aime cette facilité à être ensemble et à s’intéresser au confort et à la présence de l’autre. Merci à chacun. Je souhaite être aussi à accueillante à Paris que vous l‘êtes à New York.    

Paris

Rédigé par Marie Rose Moro le Jeudi 27 Octobre 2016


Entre deux conférences, hier, je me suis assise à Broadway sur une petite place où étaient installées des échoppes de nourriture : là on pouvait manger des crêpes chinoises bien « spicy », tout prêt des « noddles » sorte de nouilles chinoises, plus loin de la « poutine » québécoise, du cheddar frais en grains sur des frites que l’on recouvre d’une sauce brune ou encore des étales de vin ou de bière. Au milieu de cette « street food » aimée des Américains, une dame très digne, d’environ quatre vingt ans, une afro-américaine comme on dit ici, très mince et habillée d’un pardessus limé, cherche une chaise dans ce capharnaüm, finit par en trouver une de libre même si un peu bancale et, s’assoit au milieu du square pour lire, de manière très concentrée, son journal gratuit qu’elle déplie avec délicatesse, après avoir nettoyé ses lunettes. Droite comme un « i » sur sa chaise humide et brinquebalante, elle reste concentrée sur sa lecture pendant un long moment. Comme tous ceux qui passent par là, je la contourne pour pouvoir quitter le lieu, elle ne bouge pas, ne lève pas les yeux, elle lit. Peut être veut elle connaître les dernières nouvelles de la campagne américaine ou tout simplement, lire entourée du monde… 

Paris

Rédigé par Marie Rose Moro le Mercredi 26 Octobre 2016


J’ai présenté hier au 63ème Congrès de l’Association Américaine de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent (AACAP) le travail sur les adolescents radicalisés et le travail avec les enfants et les adolescents en situation humanitaire.  Bon accueil et belle reconnaissance de la dimension transculturelle dans les soins psychiques des enfants et des adolescents, de par le monde. 

New York

Rédigé par Marie Rose Moro le Mardi 25 Octobre 2016


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