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Marie Rose Moro
marie rose Moro
Psychiatre, Professeur des Universités
Directrice de la maison des adolescents de Solenn, Hôpital Cochin
 

Combien de demandes ont été faites à ce mur et à ce qu’il représente ? Combien de vœux entendus et peut-être exaucés ? Combien de peines confiées et de déceptions ? Du côté des femmes, Il y a ce jour une multitude de visiteuses différentes, des femmes pieuses qui sans doute vivent ici, elles lisent leurs prières et se balancent régulièrement ; des femmes de passage qui viennent au mur pour ce qu’il représente dans la tradition juive et d’autres, qui manifestement viennent ici pour demander quelque chose à Dieu dans une approche animiste, toucher le mur, l’embrasser, le caresser et lui demander de rendre la vie plus clémente. Ce jour-là, une dame qui aurait pu être tamoule ou indienne, pleurait à fendre le cœur, une autre, sans doute africaine, avec un beau boubou vert fluorescent, gémissait en parlant au mur. Une dame pieuse juive approche sa chaise en plastique blanc du mur, pousse les autres pour bien s’installer au lieu exact qu’elle a choisi et se met à réciter une prière. Son téléphone portable sonne, elle le cherche dans son sac en plastique où se mêlent pèle-mêle de la nourriture, des foulards, des couverts en plastique, d’autres sacs… Elle regarde qui l’appelle et remet le téléphone dans son étui en crochet, puis dans le sac, sans répondre mais en laissant le téléphone sonner à tue-tête. La sonnerie saugrenue dans ce lieu saint s’arrête et, quelques secondes plus tard, la même sonnerie retentit. Cette fois, elle répond et commence un dialogue que je ne comprends pas, en hébreu, conversation qui me paraît tout à fait surréaliste dans ce lieu. Ce mélange de sacré et de profane, de religieux et de quotidien m’émeut et m’amuse. Un animisme du quotidien…        

Rédigé par Marie Rose Moro le Jeudi 25 Mai 2017


Enfin, le nouveau site de la revue transculturelle L’autre est lancé, retrouvez tous les articles, les dossiers, les interviews, la partie magazine de la revue, les débats et tous les numéros de la revue L’autre depuis sa création, soit 52 numéros sur www.revuelautre.com. Ce fond transculturel est exceptionnel et inépuisable. Tous les auteurs qui ont un regard bienveillant et qui renouvellent les liens entre clinique et société y sont. Abonnez-vous à la version papier ou web à des tarifs préférentiels de lancement ! Nous avons besoin de votre soutien, de votre regard et votre participation. Nous avons aimé le faire, vous allez adorer le lire et le regarder avec toujours les illustrations magnifiques de la revue L’autre par les sœurs Balbusso.
 

flyer_site_revue_l__autre.pdf Flyer site revue L'autre.pdf  (331.53 Ko)


Rédigé par Marie Rose Moro le Vendredi 21 Avril 2017


J’ai été invitée à un colloque à Grenade par la Sepypna, la société espagnole de psychiatrie et de psychothérapie de l’enfant et de l’adolescent, société très chaleureuse, qui elle aussi m’accueille avec beaucoup de bienveillance.  Leur 29ème congrès était consacré à la santé mentale et aux crises sociales, thème important, insuffisamment traité dans nos lieux de réflexion qu’ils soient nationaux ou internationaux. En introduction, les poètes ont été convoqués : un poète actuel Montero qui se plait à dire qu’écrire c’est prendre soin des mots ou le grand Lorca qui a écrit à plusieurs reprises que Grenade, par son histoire et sa géographie, était la ville des persécutés, des exclus, aussi bien ceux qu’on appelle ici Los Gitanos (les Gitans), que les Juifs, les Maures ou tous ceux qui sont en minorités ou exclus. Les intervenants venus de toute l’Espagne ont rappelé qu’en Espagne aujourd’hui, 1 enfant sur 3 ou 4 en fonction des critères est en dessous du seuil de pauvreté, ce qui est un recul important pour se pays qui s’était développé à marche forcée et qui a connu ces dernières années une régression en particulier pour les enfants et les adolescents. Et ils ont montré que la pauvreté des enfants les privent de sources de bonheur, de félicité, de légèreté, d’insouciance… autant d’ingrédients nécessaires à leur développement. Comme il y a des carences affectives, il y a des carences de sources de bonheur pour les enfants ce qui les transforment bien malgré eux, en population à risque. Cette sous stimulation et ces paradoxes inhérents aux contextes où sévissent la précarité et la pauvreté qui entrainent chez les enfants un sentiment inévitable d’incapacité et de nullité chez les enfants. D’où la nécessaire désactivation de ce sentiment de nullité comme préalable à tout travail de nature psychothérapique.    

Rédigé par Marie Rose Moro le Vendredi 31 Mars 2017


A Sao Paulo, j’ai été si bien accueillie par le groupe de l’IPA (association internationale de psychanalyse) (0-3 ans) qui s’occupe des bébés et de leurs parents. Merci ! Ils font un travail formidable au service des bébés mais en plus, ils sont pragmatiques, chaleureux, soucieux d’échanges et d’équité. Par ailleurs, ils cherchent à s’inscrire dans les mouvements de la société brésilienne telle qu’elle va avec ses métissages, ses modifications des structures familiales et ses injustices sociales. Un vrai plaisir d’avoir travaillé avec eux. Par ailleurs le Brésil accueille de plus en plus de migrants et se pose de vraies questions transculturelles tant sur son passé, sa constitution même que sur son présent et futur. 
 

Rédigé par Marie Rose Moro le Dimanche 19 Mars 2017


Regardez vos patients, c’est le monde ! Nous dit en substance Daniel Derivois, un collègue très sensible à la clinique de la mondialité. Je me mets alors à penser à mes patients de ces derniers mois, ceux dont le reflet est resté à l’intérieur de moi et je me dis, qu’effectivement il a raison, la clinique n’a plus de frontières et qu’il est temps de prendre cela en compte, sérieusement avec des concepts adaptés à l’ampleur du monde. Je me souviens alors de Sana, une jeune fille vivant à Mantes La Jolie, élève brillante en terminale scientifique qui, depuis quelques mois,  a des nausées par intermittence et maigrit de manière si importante et rapide qu’elle doit être hospitalisée avec des risques vitaux. Les pédiatres désemparés ne trouvent aucune cause organique à ses symptômes. Rien ne peut plus rentrer dans sa bouche. Elle est née en France de parents maliens, musulmans, peu pratiquants et depuis que ces étranges nausées l’assaillent, elle a décidé de se voiler. Progressivement, on ne voit plus aucune partie de sa peau, juste quelques centimètres de visage. Moins elle mange, plus elle se voile. Elle prie cinq fois par jour et n’a guère de temps pour aller à l’école. Son père est fier de sa conversion même s’il se demande pourquoi elle en fait tant ? Sa mère ne comprend pas pourquoi elle ne profite pas de son adolescence en France pour avoir des amis et s’initier à la séduction. Au-delà des différents regards posés sur elle, elle tente de se cacher dans une éblouissante clarté. Sana aurait pu être dans la salle d’attente mondialisée de Daniel Derivois et dialoguer avec lui.
 

Rédigé par Marie Rose Moro le Mardi 14 Mars 2017


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