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Femmes aux frontières : migrer dans un monde violent



La migration est un voyage voulu ou forcé qui change la vie d’une personne, transforme son être, s’imprègne dans son être : « On croit que l’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait » (Bouvier cité par Mestre et Moro 2008). Les trajectoires migratoires en ce XIXème siècle prennent, en effet, des configurations de plus en plus complexes selon les contextes géopolitiques et sociaux des pays d’émigration comme d’immigration, les routes empruntées mais aussi les aspirations de chaque personne qui a décidé, ou qui a été obligée, de partir. La migration représente alors un processus dans lequel des milliers de personnes se trouvent prises dans l’étau de l’espoir d’une vie meilleure et d’une terre d’accueil, et le désespoir face au durcissement des frontières et des politiques migratoires. Un processus de mobilité internationale qui est de plus en plus associé à la violence (Wihtol de Wenden 2013). Le nombre total de migrants internationaux a augmenté ces dix dernières années, passant d’environ 150 millions de personnes en 2000 à 214 millions de personnes aujourd’hui (La Cimade 2013).

Parmi eux, le contingent des demandeurs d’asile ne cesse d’augmenter, l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) a enregistré 79 914 en demandes d’asile en 2015 en France, soit une hausse de plus de 23,3% par rapport à 2014 (OFPRA 2016). Les conflits politiques, sociaux, les guerres et la pauvreté ont provoqué un flux de migrants en recherche de refuge politique et humanitaire en France, mais les parcours migratoires sont de plus en plus dangereux, les trajets très éprouvants et les politiques d’accueil de plus en plus hostiles, transformant le processus historique de la migration en une expérience aux frontières de la dignité humaine.

Parallèlement, la migration des femmes augmente aussi, de plus en plus de femmes prennent le risque de migrer, avec leur mari, enfants ou seules ; elles représentent actuellement la moitié du contingent migratoire international (FNUAP 2006) et la moitié des personnes arrivant en sol français ; ce chiffre est stable depuis une dizaine d’année (La Cimade 2013). Les femmes sont exposées à des violences spécifiques dues aux inégalités des rapports sociaux de sexe, dès le départ, pendant le trajet migratoire et à l’arrivée (Laarcher, 2010) mais elles affrontent aussi des violences en France parce qu’elles sont femmes et migrantes.

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Femmes aux frontières : migrer dans un monde violent
Rédigé le Mardi 4 Avril 2017




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